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Nouveau  Saint-Martin la Méanne : la mort de Robert Perperot René Vialle de Saint-Martin la Méanne

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Saint-Martin la Méanne : la mort de Robert Perperot

René Vialle

C'était un jeune maquisard, qui fut lâchement abattu par la police vichyste, la nuit du 19 au 20 septembre 1943. Sa jeunesse, nous en avons les détails par sa famille. Robert était né le 24 mars 1920 à Saint-Sébastien, dans la Creuse. Il était le dernier né d'une famille d'agriculteurs qui comptait cinq enfants. Le frère qui le précédait avait neuf ans de plus que lui. Comme tous les enfants de l'époque, Robert fréquenta l'école publique de Saint-Sébastien et obtint à 12 ans son certificat d'études. Très tôt, il dut aider sa mère dans l'exploitation familiale, son père, gazé en octobre 1915, devait décéder, victime de la guerre 1914-1918, en 1937, alors que les aînés avaient déjà quitté la ferme. Robert fut mobilisé le 8 juin 1940 au 105 ème bataillon de l'air, à Aulnat, à côté de Clermont-Ferrand. Élève mitrailleur, il monte dans les appareils. Ce fut rapidement l'armistice qui mit fin à la « drôle de guerre ». Démobilisé le 25 juin 1940, il est alors affecté aux « Chantiers de jeunesse » dans les Basses Pyrénées. Il y restera jusqu'au 31 janvier 1941. Revenu à Saint Sébastien, il reprend avec sa mère le travail de la ferme. Il avait alors 21 ans, l'âge où il pensait pouvoir fonder un foyer. Parfaitement conscient que la propriété familiale indivise ne pouvait permettre de subvenir aux besoins d'un jeune ménage, il passe en octobre 1942 un examen de recrutement des gardiens de la paix. Il réussit son examen et sera affecté à Limoges. Bien qu'ayant l'uniforme sur le dos, Robert avait un cœur de résistant. Cela lui valut d'être arrêté en juin 1943 et interné au camp de Saint Paul d'Eyjeaux en Haute-Vienne. À partir de là, sa vie et la mienne devaient se rejoindre. En effet, le 23 août 1943, il était transféré du camp de Saint Paul d'Eyjeaux au camp de Nexon, camp où j'étais moi-même interné suite à mon arrestation dans le maquis le 9 août, alors que j'étais au groupe FTP Pierre Sémard. C'est donc à Nexon que nous fîmes connaissance, le 23 août. Deux jours plus tard, le 25 août, nous étions tous deux transférés en convoi en direction de l'Allemagne à destination des usines Krupp à Essen. Une même volonté nous animait tous deux, celle de fausser compagnie à nos gardiens allemands durant le voyage, nous évader et rejoindre le maquis. Et c'est ce que nous avons réussi le 25 août, alors que nous étions en attente à Paris, à la caserne de la Pépinière. Évadé de la caserne le jour même de notre arrivée, nous reprîmes le train à destination de la Corrèze, sans argent, sans papiers d'identité (mis à part notre feuille de route pour l'Allemagne). Cette farouche volonté que nous avions d'en sortir, de rejoindre, en ce qui me concernait, mon groupe de maquis FTP, tout cela nous aida, Robert et moi-même, ainsi que trois autres camarades, à mener à bien cette évasion. Le 26 août au soir, nous étions parmi nos camarades du groupe Pierre Sémard. En arrivant au camp, Robert fut présenté sous le nom de guerre qu'il avait choisi et qu'il gardera jusqu'à sa mort, Jim. Dès son arrivée, Jim se proposa de faire l'instruction, d'apprendre à nos jeunes le montage et le démontage des armes. Il était un excellent camarade. Trois semaines, guère plus, après son arrivée, c'était le 20 septembre, glorieux anniversaire de la victoire de Valmy. La Résistance avait reçu l'ordre de marquer cet anniversaire avec, si possible, quelques actions d'éclat contre l'occupant et ses valets. Or, dans l'école de Saint-Martin la Méanne, réquisitionnée pour la cause, logeaient des GMR, police vichyste au service de l'occupant allemand. ( Nous les appelions à l'époque « les vaches noires » ). Leurs camions -il y en avait cinq ou six- restaient toutes les nuits, garés alignés sur la place devant l'école, avec deux gardiens en permanence. L'opération préparée par notre groupe consistait à neutraliser et désarmer les deux gardiens, à placer des bombes aimantées, avec crayons allumeurs, sous les essieux des camions et tout naturellement, en faire sauter deux ou trois. Jim fut immédiatement volontaire pour réaliser cette opération avec deux autres camarades, Bidule et Popeye. Il changea sa tenue du maquis pour prendre une veste de costume, une cravate, de façon à pouvoir aborder les gardiens en confiance. Hélas, c'était ne pas compter sur la barbarie de ces assassins. Dès que Jim déboucha sur la place, dans le tournant du café Chaumeil, un coup de feu claqua sans aucune sommation. Notre camarade était mort à la fleur de l'âge, à 23 ans. Une balle lui avait traversé la gorge. Je me dois de dire qu'au plus fort de leur courage, ces lâches assassins, craignant les représailles de la Résistance, évacuèrent immédiatement l'école en pleine nuit, sautèrent dans leurs camions pour aller s'enfermer dans une grange vers Laborie, sur la route d'Argentat.

Je terminerai en rendant hommage à tous les jeunes de Saint-Martin qui avaient rejoint le maquis, à ceux qui ronéotaient et distribuaient les tracts... Que de pots de peinture ont été utilisés dans cette période ! Je pense aussi aux jeunes filles, parfois de moins de 20 ans, qui faisaient les agents de liaison... Et comment ne pas associer la grande masse de la population, tous ces paysans, qui nous renseignaient, nous protégeaient, nous ravitaillaient, nous hébergeaient dans les coups durs... Oui, comme beaucoup de communes corréziennes, Saint-Martin a été résistante. Et à la Libération, c'est un maire issu de la Résistance qui a été élu, notre camarade Émile Dichamp ; il resta maire jusqu'à sa mort, en 1978...


Date de création : 07/10/2019 @ 11:26
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